Madeleine Delbrêl est née le 24 octobre 1904 à Mussidan en Dordogne ; de parents qui, plus tard, se sépareront.

Son père est chef de gare et la famille est amenée à déménager souvent.

Madeleine est vive et enjouée de caractère ; sa santé est fragile.

 

Arrivée à Paris en 1916, Madeleine étudie le piano, écrit des poèmes.

Puis elle fait des études de littérature et de philosophie et a des débuts brillants en

poésie. Elle se dit ‘‘strictement athée’’ et trouve la vie absurde.

Elle fait partie d’un cercle de jeunes intellectuels; elle y rencontre un certain Jean Maydieu pour qui elle éprouve une forte inclination mais il la quitte et entre chez les Dominicains.

 

En 1924, elle vit une conversion dans un émerveillement qui ne la quittera plus.

En 1926, elle fait la connaissance de l’abbé Lorenzo, aumônier scout , qui l’ouvre à la radicalité de l’Évangile. Avec des compagnes, simples laïques célibataires, elles décident de vivre l’Évangile « au coude à coude avec les pauvres et les incroyants ».

 

En octobre 1933, elle arrive à Ivry, avec 2 compagnes, ; elles s’installent d’abord dans un centre social situé dans l’enceinte de la paroisse St Jean Baptiste. Elles s’insèrent dans une population ouvrière pauvre et ‘‘ayant perdu toute mémoire chrétienne’’. Elles y découvrent l’athéisme militant des communistes qui gèrent la ville. Ceux-ci deviennent alors des frères à aimer.

Madeleine exerce le métier d’assistante sociale dans deux centres paroissiaux puis à la mairie et au canton d’Ivry.

En avril 1935, la petite équipe s’installe au 11 rue Raspail, près de la mairie. Madeleine se consacre alors au groupe de ses compagnes, qui se développe, et à la maison du 11 rue Raspail devenue lieu de fraternité pour beaucoup de gens.

Avec ses compagnes , elle se démène pour tous, combat pour la justice, est en contact avec la Mission de France et les prêtres-ouvriers, elle témoigne de son expérience de chrétienne en milieu athée.

Madeleine, qui a de réelles qualités d’écriture, rédige de nombreux textes missionnaires et spirituels ainsi que des notes pour le concile Vatican II qui se tient d’octobre 1962 à décembre 1965.

 

Le 13 octobre 1964, ses compagnes la trouvent sans vie à sa table de travail. Elle a tout juste 60 ans.

Le 26 janvier 2018, Madeleine a été déclarée ‘‘vénérable’’ par le Pape François, premier pas vers la béatification.

 

 

 

 

 

 

Après sa conversion, Madeleine envisage un moment d’entrer au Carmel.

Mais sa vocation est ailleurs, dans le monde auprès ‘‘des gens ordinaires’’.

 

Madeleine a vécu pleinement son baptême, sa vocation de baptisée prise au sérieux.

Juste avant le Concile Vatican II, dans le courant de pensée de son époque qui redécouvrait l’importance du Peuple de Dieu, de la spiritualité laïque, de la responsabilité des chrétiens dans l’annonce de l’Évangile, elle est un exemple de baptisée accomplie.

Le 21 novembre 1964 (Madeleine est morte le 13 octobre), le Concile Vatican II promulguera sa Constitution sur l’Église, Lumen gentium, dans laquelle un paragraphe est consacré au « sacerdoce commun des baptisés », LG 10.

 

Comme nous le rappelle la liturgie du baptême, celui-ci nous fait « prêtre, prophète et roi », c’est a dire que, par l’Esprit Saint nous participons à la mission même du Christ, nous qui sommes son Corps.

 

Dans une lettre au cardinal Veuillot, en octobre 1956 Madeleine exprime cette vocation qu’elle voulait vivre au cœur du monde :

 

« J’aurais voulu, uniquement, appartenir, entièrement et seulement à Jésus-Christ notre Seigneur et notre Dieu ;

essayer de vivre son Évangile ;

être disponible sans restriction à sa volonté ;

au plus intime de l’Église et pour le salut du monde »

J'aurais voulu, ed. Nouvelle Cité, tome 14, 2016, p. 18.

 

C’est cette intimité vécue avec le Christ, dans la lecture des Évangiles, la prière, la vie fraternelle, et les sacrements de l’Église que Madeleine puisait son énergie missionnaire et sa charité, son sens de la justice et du dialogue respectueux avec les communistes.

« Vivre le Christ, c'est être par soi-même très passif. Mais, « mon Père agit sans cesse et moi je fais comme lui » Jn 5, 17, et dans la mesure où nous serions des vrais passifs, nous serions de plus en plus des « agis ».

Les saints n'étaient ni des agités ni des activistes, mais peut-être leurs contemporains moins passifs qu'eux, les prenaient-ils pour l'un ou pour l'autre. La machine à coudre va plus vite avec un moteur et pourtant elle est plus agie qu'active.

J'aurais voulu, ed. Nouvelle Cité, tome 14, p. 71.

Site officiel de l'Église catholique à Ivry sur Seine - Diocèse de Créteil © All Rights Reserved